Peut-on mourir du diabète de type 2 ?

Peut-on mourir du diabète de type 2 ? La réponse est oui mais rarement du diabète lui-même. Ce sont ses complications, quand elles s’installent silencieusement pendant des années sans être prises en charge, qui peuvent conduire au décès. En France, le diabète est impliqué dans plus de 33 900 décès par an, tous types confondus (Fédération Française des Diabétiques, 2024). Un chiffre vraisemblablement sous-estimé, car le diabète est fréquemment sous-déclaré dans les certificats de décès. La bonne nouvelle : la grande majorité de ces décès sont évitables grâce à un suivi adapté et une prise en charge précoce des complications.

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Sommaire

Les complications du diabète de type 2 qui peuvent être fatales

Le diabète de type 2 ne tue pas directement. Ce sont ses effets sur les vaisseaux sanguins, les nerfs, les reins et le cœur aggravés par des années d’hyperglycémie mal contrôlée qui constituent les véritables causes de décès. Voici les principales :

  • Les maladies cardiovasculaires représentent la première cause de mortalité chez les personnes diabétiques, avec 30 % des décès liés au diabète (Santé Publique France). L’hyperglycémie chronique fragilise les artères, favorise la formation de plaques d’athérome et multiplie le risque d’infarctus du myocarde et d’accident vasculaire cérébral. Les personnes diabétiques présentent une surmortalité cardiovasculaire significativement plus élevée que la population générale.
  • L’insuffisance rénale chronique (néphropathie diabétique) représente une cause de décès trop souvent méconnue. L’hyperglycémie abîme progressivement les petits vaisseaux des reins jusqu’à conduire, dans les cas les plus avancés, à une insuffisance rénale terminale nécessitant une dialyse avec une mortalité associée très élevée.
  • Les infections graves et le sepsis sur pied diabétique constituent une cause de décès sous-estimée mais bien documentée. Une simple plaie du pied non détectée rendue invisible par la neuropathie diabétique peut évoluer vers une infection profonde, une gangrène, voire un sepsis. Les complications podologiques figurent parmi les déterminants de mortalité confirmés dans le diabète de type 2 (Diabétologie Pratique, 2018).
  • Le coma hyperosmolaire est une urgence métabolique propre au diabète de type 2 : la glycémie monte à des niveaux extrêmes lors d’un épisode de stress, d’infection ou de déshydratation. Sans prise en charge hospitalière rapide, il peut être fatal.

Quels facteurs augmentent réellement le risque de décès

Facteur de risqueNiveau de dangerModifiable
HbA1c mal contrôlée (> 8 %)ÉlevéOui
TabagismeÉlevéOui
Obésité abdominaleÉlevéOui
Complications rénalesTrès élevéPartiellement
Plaie du pied non traitéeTrès élevéOui
Sexe masculinModéréNon
Diagnostic tardif (> 10 ans avant prise en charge)ÉlevéOui
Âge au diagnostic (avant 50 ans)ÉlevéNon
Niveau socio-économique défavorableModéréPartiellement

Un élément retient particulièrement l’attention : plus le diabète de type 2 est diagnostiqué jeune, plus son impact sur l’espérance de vie est sévère. Les personnes diagnostiquées à la quarantaine ou à la cinquantaine sont les plus exposées aux années de vie perdues si la maladie n’est pas bien équilibrée (revue de la littérature internationale, MSD Connect, 2022).

Le pied diabétique, une complication mortelle trop souvent négligée

Parmi toutes les complications du diabète de type 2, le pied diabétique est sans doute celle qui surprend le plus et celle dont les conséquences mortelles sont les moins connues du grand public.

Son mécanisme est double : la neuropathie diabétique détruit progressivement la sensibilité des pieds, rendant les blessures indolores et invisibles. En parallèle, l’artérite diabétique compromet la cicatrisation en réduisant la circulation dans les petites artères. Une coupure banale, un cor mal soigné ou une chaussure inadaptée peuvent alors suffire à déclencher une infection profonde.

Sans prise en charge rapide, cette infection peut évoluer vers une ostéite (atteinte osseuse), une gangrène puis un sepsis une infection généralisée dont la mortalité hospitalière est élevée. En France, près de 10 000 amputations dues au diabète sont dénombrées chaque année (Fédération Française des Diabétiques). Or la mortalité dans les années qui suivent une amputation chez le patient diabétique reste très significative.

La prévention repose sur trois piliers : la surveillance quotidienne des pieds par le patient, le port de chaussures orthopédiques adaptées au diabète (sans coutures intérieures, larges, à semelle de confort), et un bilan podologique annuel auprès d’un professionnel qualifié.

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Comment réduire le risque de complications graves

Le diabète de type 2 n’est pas une fatalité. Ces actions concrètes permettent de réduire significativement le risque de complications mortelles :

  1. Contrôler régulièrement son HbA1c : viser un taux inférieur à 7 % en accord avec son médecin, ce qui réduit directement le risque cardiovasculaire et rénal.
  2. Arrêter le tabac : le tabagisme augmente de 37 à 44 % le risque de développer un diabète de type 2 et aggrave toutes ses complications (FFD, 2024).
  3. Pratiquer une activité physique régulière : elle améliore la sensibilité à l’insuline et réduit le risque cardiovasculaire indépendamment de la glycémie.
  4. Surveiller ses pieds quotidiennement : inspecter la plante, les espaces entre les orteils, détecter toute rougeur, plaie ou zone d’appui anormale.
  5. Consulter annuellement un spécialiste du pied : la HAS recommande un bilan podologique annuel dès le diagnostic pour tous les patients diabétiques.
  6. Assurer un suivi cardiovasculaire et rénal régulier : tension artérielle, bilan lipidique, fonction rénale : autant de paramètres à surveiller de près.

Questions fréquentes

Les maladies cardiovasculaires infarctus du myocarde et AVC représentent la première cause de décès chez les personnes diabétiques, soit environ 30 % des décès liés au diabète en France. L’hyperglycémie chronique fragilise les artères et multiplie significativement ce risque cardiovasculaire.

Oui. Sans prise en charge, le diabète de type 2 expose à des complications graves et potentiellement mortelles : insuffisance cardiaque, rénale, infections sévères sur pied diabétique. Le diagnostic tardif est l’un des principaux déterminants de surmortalité, car 28 % des patients sont diagnostiqués au stade des complications (FFD, 2024).

Elle dépend fortement de l’âge au diagnostic, du contrôle glycémique et des facteurs de risque associés. Un diabète diagnostiqué jeune (40-50 ans) et mal équilibré peut réduire significativement l’espérance de vie. À l’inverse, un suivi rigoureux permet dans de nombreux cas de limiter cet impact, voire de le neutraliser.

Plusieurs signaux doivent alerter : HbA1c régulièrement au-dessus de 8 %, apparition de fourmillements ou de perte de sensibilité dans les pieds, tensions artérielles élevées, plaies qui cicatrisent mal, fatigue intense. Ces signes justifient une consultation médicale sans délai. Notre article sur les signes du diabète de type 2 détaille chacun d’eux.

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